Festival Forte 2017

Review - Le 31/08/2017 par Mélissa - Plus d'infos sur l'évènement "Forte Festival"

La techno bien gardée...

La techno bien gardée...

Le festival Forte m’a assez vite tapé dans l’œil. Rien d’étonnant à cela: une affiche plus que pointue, un décor à couper le souffle et en prime, le soleil du Portugal. Quand je trouvai enfin une acolyte aussi emballée que moi, nous n’avons pas hésité longtemps. Il ne restait donc plus qu’à décompter les longs jours qui nous séparaient de l’événement tant attendu.
 
Petite mise en contexte:
Pour vous donner une idée rapide de l’esprit Forte, c’est avant tout une programmation musicale solide et harmonieuse. Les mauvaises langues parleront d’un manque de diversité, mais je ne crois pas. Il s’agit pour moi d’une identité affirmée, d’une célébration de la techno noire et profonde. Tantôt plus expérimentale, avec par exemple les nombreux artistes des labels Raster & Noton présents lors de cette 4e édition, tantôt plus pêchue, mais toujours élégante et travaillée. Maintenant, imaginez tous ces grands noms dans un château du XIIIe siècle, des installations artistiques rappelant notre cher Bozar, et un public limité à 5000 personnes, assurant un espace plus qu’agréable pour tous ceux d’entre vous qui aiment se donner à des chorégraphies endiablées. Enfin, je mentionnerai encore la chaleur et la joie de vivre des festivaliers. Si c’est une caractéristique que je retrouve souvent sur la scène techno, elle était particulièrement présente à Montemor-o-Velho. Vous l’aurez compris, j’ai été conquise.
 
Jour 1 - L’électronique expérimentale à l’honneur:
En ce premier jour de fête, les programmateurs du Forte ont misé avant tout sur une techno expérimentale. Nathan Fake, Apart, Byetone, Clark, Varg et Kangding Ray se sont ainsi enchaînés jusqu’au petit matin, avant de laisser la place à Blawan pour ceux qui n’auraient pas eu leur dose de « boum boums ». De manière générale, la soirée était consacrée à des artistes qui questionnent les limites des genres. Ça fait danser, mais ça fait surtout réfléchir. Notons quand même Clark qui a débarqué avec deux danseuses qui auraient pu sortir d’un Stars Wars, assez hallucinant… Mais cette nuit-là, c’est Kangding Ray qui m’a le plus fait frissonner. Pendant son set, la transition entre nuit et jour s’est opérée en colorant le ciel en mauve. Un moment magique.
 
 
Jour 2 - Techno classe qui claque:
La deuxième nuit au château de Montemor-o-Velho était dédiée à une techno un peu plus dansante avec notamment Lucy, Oscar Mulero, Jeff Mills, et DVS1. C’était Mulero que j’attendais le plus, et il ne m’aura pas déçu. Un peu moins enthousiasmée par le projet futuriste de Jeff Mills, mon énergie se vida peu à peu. J’ai capitulé à 6h30 pour rejoindre mon tipi de luxe (merci le Nomad Pop up Hotel).
 
Jour 3 - Le jour qui dure deux jours:
Annoncé comme se terminant le samedi 26 août, je fus surprise en apprenant que le festival se finissait en fait le jour suivant à 22h. Pendant 24h sans interruption, festivaliers et DJs ont fait vibrer les fondations médiévales du Forte. Ce troisième soir fût pour moi le plus fort en émotions. Avec le recul, chaque jour pouvait paraître un peu plus intense, ce qui m’a permis d’oublier la fatigue. Vatican Shadow a préparé le terrain pour Shifted avec un savoir-faire impressionnant. Le set du second était plein d’énergie, et définitivement un des moments forts du festival. Sans hésitation, c’est Ninos du Brasil qui représente pour moi le « highlight » de cette édition 2017. Rien d’étonnant, vu mon penchant pour la musique électronique à tonalités exotiques. Les deux enfants du Brésil (en réalité originaire d’Italie) ont fait preuve d’une présence scénique exceptionnelle. S’éloignant le plus de la techno classique majoritaire au Forte, leur appartenance au genre était cependant maintenue grâce aux basses rajoutées à leurs compositions.
 
 
La journée du dimanche a commencé sur les chapeaux de roue avec Dasha Rush et Ellen Allien. La première était plus en retenue, alors que la deuxième a livré un set qui la représente assez bien: pleine de vitalité et de bonne humeur. Toutes deux ont prouvé que la techno n’était en rien réservée aux hommes. Après une sieste bien méritée, j’étais de retour au château pour danser sur la musique légère de Danny Daze, parfaite pour un après-midi d’été. Michael Mayer était en charge de clôturer le festival, et par la même occasion de nous faire redescendre sur terre, ce qu’il fît avec brio en osant passer Love is in the Air de John Paul Young.
 
Pas de doute, le festival Forte a tout d’un grand festival, si ce n’est sa taille.
 






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