Les Ardentes 2017

Review - Le 14/07/2017 par Nina - Plus d'infos sur l'évènement "Les Ardentes"

De l’entrée dans l’adolescence à l’obsolescence déprogrammée...

De l’entrée dans l’adolescence à l’obsolescence déprogrammée...

J’ai l’art d’écrire des titres inutilement compliqués et très légèrement abstraits alors je vais m’autoriser à vous en expliquer les composantes. Il sera question de la jeunesse d’un public nouvellement né et de bandes de copains habitués à venir écouter de la musique qui ne fait plus partie du programme. Il n’est plus aujourd’hui question de ce que l’on veut écouter mais de ce que l’on doit écouter.

Ceux qui se sont le plus amusés à cette édition des Ardentes semblent être ceux de la première catégorie. C’est surement eux aussi qui ont fait exploser le nombre d’entrées en record pour cette édition. J’irais jusqu’à dénoncer un côté sectaire dans la composition de ce public venu principalement jeudi et vendredi. Du rap et du hip hop, les adolescents ont emprunté les codes vestimentaires. Si bien qu’au milieu de la foule on en vient à se demander qui de ces jeunes est venu pour regarder et lequel est venu pour performer. Selon Tommy Genesis (on en parle plus tard) tout le monde est capable de performer alors on dira de ces jeunes qu’ils sont des performeurs en puissance.

Un monopole qui n’a pas plu à tout le monde. A force de parler de « l’exception urbaine », il serait dommage d’en oublier que bien que marquée par un style en particulier, une époque est le miroir de la complexité de son histoire. A ce que l’on raconte, il est possible d’apprécier à la fois du rap, de l’électro, du rock et j’irais même jusqu’à me risquer à parler de variété française.

Là où, au fur et à mesure des éditions de ce rendez-vous ardent, je m’étais habituée aux instruments, j’ai du me faire aux « instrus » dont les instruments sont restés bloqués au studio sur le disque dur d’un ordinateur. Il existe heureusement dans le rap et le hip hop des exceptions qui confirment cette règle et le font savoir sur scène.

Le festival a pris le pari risqué d’éclater le parcours qui se scinde sur toute la longueur du parc Astrid, ce qui a principalement pour mérite de renforcer les muscles fessiers des spectateurs mais également le désintérêt certain de les amputer des débuts ou fins (au choix) des concerts qui se chevauchent.

Les affectations reflétaient précédemment généralement la notoriété des artistes là où aujourd’hui les têtes d’affiche ne partagent plus systématiquement la main stage.

C’était quand même pas si mal. Je vais me risquer à établir une liste non exhaustive de ce qui, n’engageant que moi, a fait les Ardentes great again (big up à Placebo). Comme d’habitude le festival est l’occasion de se délecter de grands noms dont on n’assumerait pas d’assister au concert solo mais dont on connaît l’horaire de passage aux Ardentes depuis deux semaines. Je pense par exemple à Booba ou Sean Paul. L’un des deux assume plus que l’autre son amour pour les femmes, je vous laisse deviner.

Nombreux sont ceux à m’avoir affirmé que j’avais tout raté en ratant Lomepal, ce n’est que partie remise. Jacques nous a prouvé qu’il était aussi doué pour faire ce qu’il fait que pour parler de ce qu’il sait faire. Niveau rap, on n’a pas été déçu par la prestation de Damso qui se maintient dans l’estime du public. Caballero & Jeanjass ont particulièrement bien géré leur prestation à l’image de Georgio qui dans un style plus mesuré et avec des mots plus posés n’a pas réussi à rameuter la foule qu’il mérite. La Wallifornia Beach a tremblé sous les beat et les paroles en l’air de Salut c’est cool, il y avait de quoi se demander si l’effet sous lequel le public semblait être était le leur ou celui d’une substance plus chimique. Les vieux jours des Ardentes ont pu se réincarner dans des groupes comme BRNS ou Warhaus montrant ce que la Belgique a fait de beau. (presque) Finalement, ce n’était pas de gaieté de cœur mais Liam Gallagher a chanté Wonderwall devant des téléphones brandis histoire de capturer une minute de mémoire.

J’ai gardé le meilleur pour la fin. Ceux qui ont tenu jusqu’au dernier jour, et pour les autres jusqu’à ce (presque) dernier paragraphe, ont eu la chance de faire la connaissance de Tommy Genesis.

Au lieu d’essayer de concilier deux publics inconciliables, il serait peut-être temps de fracturer le festival histoire que tout le monde puisse en profiter.






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Publié le 26/08/2016

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